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Le capitanat : ce que le brassard change vraiment, et ce qu’il ne change pas

À la reprise des championnats, chaque équipe désigne son capitaine. Souvent en trois minutes, souvent sur des critères que personne n’énonce à voix haute : le plus vieux, le meilleur joueur, celui qui est là depuis dix ans, ou celui qui s’entend bien avec le coach.

Et voilà le chiffre qui devrait faire réfléchir tous les clubs amateurs. Dans une étude portant sur 4 451 sportifs et entraîneurs, seuls 1 % des capitaines étaient perçus comme le meilleur leader de leur équipe sur l’ensemble des rôles de leadership. Et 43 % n’étaient le meilleur leader sur aucun d’entre eux.

Autrement dit : dans presque une équipe sur deux, le vrai leader n’est pas celui qui porte le brassard. Ce n’est pas un problème de personne, c’est un problème de méthode de choix. Voici ce que le capitanat est vraiment, ce que la recherche dit des critères qui marchent, et ce que ça coûte à celui qui le porte. Cette dernière partie, je la connais de l’intérieur : je suis capitaine dans mon équipe de volley.

Le capitanat, c’est quoi exactement

Le capitanat désigne la fonction de capitaine dans une équipe sportive, et par extension la durée pendant laquelle un joueur l’exerce. C’est un rôle officiel, reconnu par le règlement : le capitaine est identifié sur la feuille de match, il porte généralement un brassard, et certaines règles ne s’appliquent qu’à lui.

Il faut le distinguer tout de suite du leadership, qui est un comportement et non un statut. On peut être capitaine sans être leader, et leader sans porter le brassard. C’est même la situation la plus fréquente, on va y venir.

Concrètement, la littérature scientifique recense cinq responsabilités attribuées au capitaine dans les équipes sportives :

  • Faire le lien entre l’entraîneur et le groupe, dans les deux sens.
  • Participer à certaines décisions, tactiques ou de sélection selon les clubs.
  • Représenter l’équipe à l’extérieur, face aux arbitres, aux dirigeants, aux médias.
  • Soutenir ses coéquipiers, individuellement, y compris hors du terrain.
  • Montrer l’exemple et servir de modèle de comportement.

Cinq responsabilités, et aucune ne mentionne le niveau de jeu. Retiens ça, c’est tout le sujet de la suite.

Le brassard ne fait pas le leader

L’étude qui a fait le plus de bruit sur le sujet porte un titre qui ne laisse pas beaucoup de place au doute : The myth of the team captain as principal leader, publiée par Fransen et ses collègues en 2014. Elle a interrogé 4 451 joueurs et entraîneurs, et elle distingue quatre rôles de leadership dans une équipe :

  • Le leader opératoire : celui qui organise le jeu, donne les consignes tactiques, corrige les placements.
  • Le leader motivationnel : celui qui remet du jus quand l’équipe s’écroule.
  • Le leader social : celui qui tient l’ambiance du vestiaire et va parler à celui qui est dans son coin.
  • Le leader externe : celui qui représente l’équipe face au club, aux arbitres, à l’extérieur.

Résultat : 1 % des capitaines cumulent les quatre, et 43 % n’en portent aucun mieux que quelqu’un d’autre dans l’équipe.

Ce n’est pas une critique des capitaines. C’est plutôt une bonne nouvelle mal comprise : le leadership d’une équipe est réparti. Il y a toujours quelqu’un qui motive, quelqu’un qui organise, quelqu’un qui recolle le vestiaire, et ce n’est presque jamais la même personne. Le vrai travail du capitaine n’est donc pas de tout porter, c’est de savoir qui porte quoi et de laisser faire.

Les critères de choix qui marchent, et ceux qui se retournent contre toi

C’est là que ça devient utile pour un coach de club amateur. Une équipe de chercheurs, Butalia et ses collègues, a publié en 2021 dans Frontiers in Psychology une étude qui pose exactement la bonne question : selon le critère qui a servi à le désigner, le capitaine est-il perçu comme un meilleur leader, et est-il mieux accepté par son groupe ?

653 participants, dont 455 entraîneurs et 198 joueurs, en football et en volley. Voici ce qui en ressort.

Ce qui produit un capitaine reconnu

Quatre critères sont associés à un leadership perçu comme meilleur et à une acceptation plus forte dans le groupe :

  • Les compétences motivationnelles et sociales. C’est le prédicteur le plus fort et le plus constant, sur tous les rôles de leadership à la fois.
  • Une bonne lecture du jeu. Comprendre ce qui se passe compte plus que savoir l’exécuter.
  • Être un représentant de l’équipe. Quelqu’un dans qui le groupe se reconnaît.
  • Prendre l’initiative d’organiser la vie du groupe. Le troisième mi-temps, le covoiturage, le week-end de reprise. Ce qui ressemble à de l’intendance est en réalité du leadership social.

Ce qui produit un capitaine mal accepté

Et voilà les trois critères qui vont dans le mauvais sens, dont deux sont pourtant les plus utilisés dans les clubs :

  • D’excellentes qualités athlétiques. Choisir le meilleur joueur produit un capitaine perçu comme un moins bon leader. Le talent et le leadership sont deux choses différentes, et confondre les deux se paie.
  • Occuper un poste central. Contre-intuitif, et pourtant : désigner le meneur, le numéro 10 ou le passeur simplement parce qu’il est au cœur du jeu ne fait pas un meilleur capitaine.
  • Être perçu comme le prolongement du coach. Celui-là dégrade spécifiquement l’acceptation par le groupe. Si les joueurs voient dans leur capitaine le porte-parole de l’entraîneur plutôt que le leur, il devient extérieur à l’équipe.

Le dernier point mérite qu’on s’y arrête, parce qu’il explique beaucoup de capitanats qui ne prennent pas. Le capitaine fait le lien entre le coach et le groupe, oui. Mais un lien va dans les deux sens. S’il ne fait que descendre les consignes sans jamais remonter ce que le vestiaire pense, il n’est plus un capitaine, il est un relais.

Ce que j’en vois, de l’intérieur du brassard

Je suis capitaine dans mon équipe, et honnêtement, je le suis d’abord par mon âge. C’est exactement le critère que l’étude range du mauvais côté. Sauf qu’avec l’âge est venue autre chose, et c’est ça qui compte : l’expérience de ces situations-là, et le calme qui va avec.

Pour moi, le capitaine est le joueur de référence en attitude. Pas le meilleur, pas le plus fort : la référence. Et le vrai test n’est pas quand ça marche.

Quand tout va bien, tout le monde est un bon coéquipier. C’est facile d’encourager quand on mène de deux sets. Le capitanat commence exactement au moment où ça se met à mal tourner : redresser les têtes quand ça s’écroule, calmer quand ça s’énerve. Ce sont deux gestes opposés, et il faut savoir lequel sortir, au bon moment, sur la bonne personne. C’est tout le travail décrit dans rendre ses coéquipiers meilleurs, sauf qu’avec le brassard, plus personne d’autre ne le fera à ta place si tu ne le fais pas.

Il y a aussi la partie qu’on oublie toujours quand on parle de leadership, et qui est pourtant écrite dans le règlement : l’arbitre. Au rugby, c’est une règle stricte, seul le capitaine s’adresse à lui. Au foot, plusieurs compétitions ont resserré les choses dans le même sens ces dernières saisons. Ça veut dire que temporiser avec l’arbitre fait partie du poste, littéralement. Savoir poser une question sans contester, faire baisser la tension d’une phrase, protéger un coéquipier qui allait prendre un carton pour rien. Personne ne t’apprend ça, et c’est une compétence à part entière.

Et puis il y a le toss. Je suis toujours aussi mauvais au toss, je le perds la plupart du temps. Ça n’a aucune importance, mais ça fait partie du folklore du brassard.

Le coût caché du brassard

Voilà le point dont personne ne parle, et c’est probablement le plus important si tu dois choisir un capitaine ou en devenir un.

Être capitaine coûte quelque chose à ton propre jeu. Pendant que tu surveilles l’état mental de ton coéquipier qui vient d’enchaîner trois fautes, pendant que tu vas parler à l’arbitre, pendant que tu réfléchis à ce qu’il faut dire au temps mort, tu ne penses pas à ta prochaine action. Cette attention-là, tu la prends quelque part, et tu la prends sur toi.

C’est une dépense réelle, et elle a une conséquence directe sur le choix du capitaine : il faut un joueur suffisamment sûr de lui pour que cette énergie qu’il donne au collectif ne fasse pas s’effondrer son propre niveau. Un joueur fragile, ou en manque de confiance, ne devrait pas porter le brassard, non pas parce qu’il ferait un mauvais capitaine, mais parce que le brassard finirait de le déstabiliser.

Ça rejoint une idée que je développe ailleurs sur ce site à propos de la force mentale : on ne peut pas être le point d’ancrage des autres si on vacille au premier creux. La solidité individuelle est un prérequis, pas un bonus.

Comment choisir son capitaine : quatre questions

Si tu es coach, ou si ton équipe doit trancher en début de saison, ces quatre questions valent mieux qu’un vote à main levée sur le nom du meilleur joueur :

  • Qui sait motiver ? Pas crier, motiver. Qui relève une tête baissée ?
  • Qui a les compétences sociales ? Qui va parler au nouveau, au remplaçant, à celui qui broie du noir ?
  • Qui représente le mieux le groupe ? Dans qui les joueurs se reconnaissent-ils, y compris ceux qui jouent peu ?
  • Qui peut faire le lien avec le staff, dans les deux sens ? Y compris pour dire au coach ce qu’il n’a pas envie d’entendre.

Tu remarqueras qu’aucune ne parle de niveau de jeu, d’ancienneté ni de poste. C’est volontaire, et c’est ce que dit la recherche.

Une dernière chose, qui découle du chiffre du début : si 43 % des capitaines ne sont le meilleur leader sur aucun rôle, c’est que le brassard unique est peut-être une mauvaise idée. Beaucoup d’équipes fonctionnent mieux avec un capitaine officiel plus deux ou trois joueurs à qui on confie explicitement un rôle : celui qui gère l’ambiance, celui qui organise sur le terrain, celui qui parle au club. Nommer ces rôles à voix haute, c’est déjà la moitié du travail.

Et si c’est toi qui portes le brassard

Trois choses concrètes, tirées de ce qui précède et de ce que j’ai appris en le portant.

Ne cherche pas à être le meilleur leader sur les quatre rôles. Tu n’y arriveras pas, et 99 % des capitaines n’y arrivent pas non plus. Identifie celui où tu es bon, assume-le, et appuie-toi ouvertement sur ceux qui portent les autres.

Fais remonter autant que tu fais descendre. C’est ce qui te sépare d’un relais du coach, et c’est le facteur qui dégrade le plus l’acceptation quand il manque.

Protège ton propre jeu. Si tu sens que le brassard te bouffe, dis-le. Un capitaine qui s’effondre techniquement n’aide personne, et il n’y a aucune honte à passer le relais une saison.

Les spécificités du capitanat selon les sports

Le brassard n’existe pas partout, et les règles qui encadrent le capitaine changent beaucoup d’un sport à l’autre. Deux exemples valent le détour, parce qu’ils disent quelque chose du rôle.

Au volley : une barrette, pas un brassard

Au volley, le capitaine ne porte pas de brassard. Les règles officielles de la FIVB sont très précises sur le sujet : il est identifié par une barrette de 8 x 2 centimètres placée sous le numéro de la poitrine. En club amateur, c’est un bout de strap collé sur le maillot. Chez les professionnels, c’est floqué ou cousu, mais c’est exactement le même objet réglementaire, aux mêmes dimensions.

Deuxième particularité, et elle est plus profonde qu’elle n’en a l’air : au volley, il doit toujours y avoir un capitaine sur le terrain. Comme les rotations et les remplacements font sortir les joueurs en permanence, les règles distinguent le capitaine d’équipe, celui qui signe la feuille de match, et le capitaine en jeu, celui qui exerce le rôle sur le terrain. Quand le capitaine d’équipe sort, l’entraîneur ou lui-même doit désigner un autre joueur présent pour reprendre la fonction.

C’est une idée que les autres sports collectifs devraient regarder de près. Le volley a compris depuis longtemps qu’un rôle de leader ne peut pas dépendre de la présence d’une seule personne, et il a donc écrit dans son règlement ce que les autres laissent à l’improvisation : la continuité du capitanat.

Une croyance à corriger au passage, parce qu’elle traîne encore dans beaucoup de gymnases : le libéro peut désormais être capitaine. C’était formellement interdit jusqu’à l’édition 2017-2020 des règles, qui précisait que les libéros ne pouvaient être ni capitaine d’équipe ni capitaine au jeu. L’interdiction a été levée dans l’édition 2021-2024 et n’est pas revenue depuis. En pratique beaucoup d’équipes continuent de l’éviter, et ça se défend puisque le libéro entre et sort sans arrêt, mais ce n’est plus une règle, c’est un choix.

Dernière spécificité, et elle met un chiffre sur une idée qu’on énonce d’habitude sans conséquence : dans ma ligue, à notre niveau, le montant de l’amende liée à un carton est doublé pour le capitaine et pour l’éducateur. Les règles de jeu de la FIVB, elles, appliquent la même échelle de sanctions à tous les membres de l’équipe. C’est donc au niveau des règlements de ligue que le statut de référent se paie, littéralement, deux fois plus cher.

La logique se défend, et elle est cohérente avec tout ce qui précède : celui qui représente l’équipe est tenu à un standard supérieur, et son écart compte double parce qu’il donne le ton au reste du groupe. Mais c’est aussi la démonstration la plus concrète du coût du brassard. Le même geste, le même énervement, la même seconde de trop, ne valent pas le même prix selon ce que tu portes sur le maillot.

Si tu joues au volley, j’ai détaillé les rôles de chacun sur le terrain dans les postes au volley, et la mécanique complète des rotations sur le site de mon club.

Au rugby : le seul à qui l’arbitre parle

Le rugby pousse le rôle de représentant plus loin que tous les autres sports : l’arbitre ne dialogue qu’avec le capitaine, et cette règle est appliquée strictement. Un joueur qui conteste s’expose, et son équipe recule de dix mètres.

Conséquence concrète : au rugby, le capitaine a une charge de négociation permanente que ses homologues des autres sports n’ont pas. C’est lui qui obtient les explications, qui fait redescendre la pression, qui protège un coéquipier au bord de la faute. Et c’est sans doute pour ça que le capitanat y est traité avec beaucoup plus de sérieux qu’ailleurs dans le choix de la personne. Pour le reste des rôles sur un terrain de rugby, tout est dans les postes au rugby.

Questions fréquentes sur le capitanat

Que veut dire capitanat ?

Le capitanat désigne la fonction de capitaine, et par extension la période pendant laquelle un joueur l’exerce. On parle du capitanat d’une équipe comme on parlerait d’un mandat. C’est un statut officiel inscrit sur la feuille de match, à ne pas confondre avec le leadership, qui est un comportement et que n’importe quel joueur peut exercer sans brassard.

Faut-il être le meilleur joueur pour être capitaine ?

Non, et la recherche montre même l’inverse. Quand un capitaine est choisi principalement pour ses qualités athlétiques, il est perçu comme un leader moins efficace et il est moins bien accepté par ses coéquipiers. Les critères qui fonctionnent sont les compétences motivationnelles et sociales, la lecture du jeu, et la capacité à représenter le groupe.

Qui choisit le capitaine dans une équipe ?

Cela dépend des clubs. Le plus souvent c’est l’entraîneur, parfois c’est un vote des joueurs, parfois les deux se combinent. Le mode de désignation compte moins que le critère retenu : un capitaine élu par ses pairs pour son niveau de jeu rencontrera les mêmes difficultés qu’un capitaine nommé par le coach pour la même raison.

Le capitaine est-il le seul à pouvoir parler à l’arbitre ?

Au rugby, oui, c’est une règle établie de longue date et strictement appliquée : l’arbitre ne dialogue qu’avec le capitaine. Au football, plusieurs compétitions ont adopté ces dernières saisons des dispositions qui vont dans le même sens, en réservant au capitaine le droit d’aller échanger sur les décisions importantes. Dans les autres sports collectifs, l’usage varie, mais le capitaine reste partout l’interlocuteur naturel de l’arbitre.

Le libéro peut-il être capitaine au volley ?

Oui, depuis l’édition 2021-2024 des règles officielles. Jusqu’à l’édition 2017-2020, c’était formellement interdit : le libéro ne pouvait être ni capitaine d’équipe ni capitaine en jeu. L’interdiction a été levée et ne figure plus dans les règles en vigueur. Beaucoup d’équipes évitent quand même de confier le brassard au libéro, parce qu’il entre et sort du terrain en permanence, ce qui obligerait à désigner sans arrêt un capitaine en jeu de remplacement. Mais c’est aujourd’hui un choix d’organisation, plus une obligation réglementaire.

Peut-on être leader sans être capitaine ?

Oui, et c’est la situation la plus courante. Le leadership d’une équipe est réparti entre plusieurs joueurs : l’un motive, l’autre organise, l’autre tient le vestiaire. Tu peux exercer un de ces rôles sans aucun statut officiel, et beaucoup d’équipes tiennent debout grâce à ces leaders officieux plus qu’à leur capitaine.

Faut-il changer de capitaine chaque saison ?

Pas systématiquement, mais reposer la question chaque année est sain. Un groupe change, un capitaine se lasse ou traverse une saison difficile, et le rôle pèse sur son propre jeu. Faire du capitanat une évidence permanente est le meilleur moyen de garder un capitaine que plus personne n’écoute.

Si le sujet du leadership sur le terrain t’intéresse, la suite logique est rendre ses coéquipiers meilleurs, qui détaille les leviers concrets, et c’est quoi un bon joueur, qui pose la même question sous un autre angle. Pour le rôle d’organisateur sur le terrain, souvent confondu avec le capitanat alors qu’il en est distinct, j’ai écrit le cerveau du jeu.

Sources

Fransen, K. et al. (2014). The myth of the team captain as principal leader: extending the athlete leadership classification within sport teams, Journal of Sports Sciences, 4 451 participants.
Butalia, R., Fransen, K., Coffee, P., Laenens, J. et Boen, F. (2021). Why the Chosen Ones May Not Always Be the Best Leaders: Criteria for Captain Selection as Predictors of Leadership Quality and Acceptance, Frontiers in Psychology, 653 participants.

Capitaine ou pas, ta saison mérite d’être suivie

Note tes matchs, suis ta régularité, regarde honnêtement ce que tu apportes au groupe. C’est gratuit, ça reste sur ton appareil.

Le brassard ne change rien à une chose : personne ne relit ta saison à ta place, capitaine ou pas. C’est même pire quand tu l’as, parce que tu passes ton temps à regarder les autres. Dans un centre de formation, quelqu’un s’occupe de toi pendant que tu t’occupes du groupe. Ailleurs, ce regard-là, tu te le construis tout seul.

Et toi, cette saison ?

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