Mon parcours de sportif
Si je te raconte mon parcours, ce n’est pas pour flatter mon ego. C’est pour te montrer quelque chose de concret : un parcours sportif est façonné par des déclencheurs, des occasions ratées, des environnements porteurs ou non. Quand tu vois ça clairement, tu arrêtes de te battre contre toi seul, et tu commences à agir sur tout ce qui t’entoure.
01Un démarrage poussif
Mes parents ne m’ont jamais freiné dans mes loisirs. Mais le sport, ce n’était pas vraiment leur truc. Pas de grand frère sportif, pas de père qui t’emmène à l’entraînement le samedi matin. Le déclic familial, je ne l’ai pas eu.
Au collège, je passais péniblement la barre du mètre au saut en hauteur. Autant dire que rien ne laissait présager la suite.
Vers mes 10 ans, j’ai fait du tir à l’arc avec mon père, une activité père-fils. Et là, bizarrement, c’est le sport où j’ai le plus performé. Je finissais premier de presque tous les tournois. Ma seule limite : mon physique. Trop jeune, trop frêle pour un arc assez puissant pour tirer à plus de 25 mètres.
Les éducateurs ont hésité à me surclasser pour accélérer ma progression. Ils ont finalement renoncé. Je me suis ennuyé, et j’ai changé de sport. Quelques années plus tard, j’ai appris que des joueurs qui étaient derrière moi lors des tournois avaient titillé l’élite française. Est-ce que ça aurait pu être mon cas ? On ne le saura jamais.
02Le football, ni trop près ni trop loin
Le foot, j’y ai toujours touché. Ma première licence en club, c’était à 6 ans. Mais à cet âge, les papillons m’attiraient plus que le ballon. J’ai vite décroché.
Ce qui m’a vraiment formé, c’est le city-stade au pied de ma résidence. Presque tous les jours après l’école, parfois le week-end dès le matin. Des heures de jeu libre avec des enfants de tout âge. Quand la mairie a installé l’éclairage, on prolongeait jusqu’à tard le soir. Je n’étais pas la star du coin, mais ces heures de jeu m’ont donné une vraie base technique.
Vers mes 16 ans, des potes de lycée ont tenté de me faire rejoindre leur club. J’aurais pu y aller. Mais les bagarres générales à chaque fin de match dans les années 90 ne m’ont pas donné envie de franchir le pas. Aujourd’hui je joue au foot autrement, en five le jeudi midi avec des collègues, et c’est là que je teste pour de vrai ce que j’écris sur la progression.
03La découverte tardive du volley
Merci M. Coutenier, prof d’histoire en 3e, d’avoir interrompu ses cours en juin pour jouer au volley avec nous. C’est là que tout a basculé.
J’ai commencé dans un des gros clubs de la Côte d’Azur, l’AS Cannes, dans une équipe de joueurs sport-études qui jouaient ensemble depuis des années. Eux étaient doubles surclassés. Moi j’étais simplement surclassé, novice, et pas sport-études. Une belle entrée dans le grand bain.
J’ai enchaîné plusieurs clubs, plusieurs postes, en plafonnant au niveau régional. Vers mes 25 ans, une opportunité s’est présentée : intégrer l’équipe 1 de mon club toulousain pour jouer en National 3. Un vrai défi. Mais avec déjà un enfant, un travail en horaires décalés qui me faisait manquer un entraînement sur trois, et autant de matchs, l’équation était impossible.
J’ai fait le choix du réalisme. Famille et travail d’abord. À l’époque, je me disais que j’aurais de toute façon plafonné une ou deux divisions au-dessus. Aujourd’hui, avec ce que je sais, je ne pense plus du tout la même chose.
Ça fait maintenant 17 ans que je joue dans la même équipe de pré-nationale en banlieue toulousaine. Les jeunes passent, le temps de leurs études ou d’un CDD, puis montent en niveau. Moi je reste, et je m’éclate toujours autant.
04Quand le corps commence à lâcher
La quarantaine approchant, les performances ont commencé à baisser. Le filet semblait de plus en plus haut. On ne va pas parler de « petite mort du sportif » vu mon niveau, mais je me dirigeais doucement vers une longue glissade.
Ça commence par mettre plus de temps à se relever après un plongeon. Puis sans s’en rendre compte, on saute au filet par réflexe, sans chercher l’explosivité. On compense par la technique, l’observation. Et les douleurs aux tendons finissent par s’inviter régulièrement.
Voir mon corps faiblir petit à petit, ça m’a longtemps perturbé. Ça me perturbe encore.
Mais ma vraie qualité, c’est la capacité de rebond, dans la tête plus que sur un terrain. Je me suis mis en tête de repousser l’échéance le plus loin possible.
05La seconde jeunesse
Depuis trois ans, je me suis remis à regarder ma pratique de près. J’ai testé, noté, observé ce qui changeait vraiment quelque chose pour moi. Résultats au-delà de mes espérances : moins de blessures, plus d’explosivité, des sensations en hausse à un âge où beaucoup de joueurs amateurs acceptent le déclin sans le questionner. C’est d’ailleurs en notant tout ça, semaine après semaine, que j’ai vu les schémas que je ne voyais pas avant, le genre de lecture que je tiens aujourd’hui dans mon suivi physique.
Et surtout, une conviction qui s’est installée : ce n’est pas le talent qui m’avait manqué à 25 ans, c’est d’y voir clair. Si j’avais su lire où j’en étais, poser les bonnes questions au bon moment, j’aurais sans doute donné une autre trajectoire à ma carrière. Pas devenir pro. Juste arrêter de naviguer à l’aveugle.
06Le carnet, pour prolonger ce lien avec le sport
Pendant des années, j’avais le sport dans ma vie sans passion profonde. Une habitude, pas une flamme. Depuis que je me suis remis à chercher, tester, comprendre, la flamme est revenue.
Ce site, c’est le prolongement naturel de tout ça. Pas un coach qui te dit quoi faire, pas un programme tout fait. Un carnet où tu notes ton sport (ta forme, tes séances, tes matchs, ton mental), et qui te renvoie une lecture claire pour que tu te poses les bonnes questions toi-même. Un peu comme un bon psy : il parle peu, il t’aiguille, tu fais le reste. Ce que j’aurais aimé avoir sous la main à 20 ans.
J’ai aussi un fils de 13 ans. Le foot pour lui, c’est uniquement un jeu. Il n’est pas encore prêt à pousser le curseur, et je respecte ça : le sport doit rester un plaisir avant tout. Mais je lui tends des perches, régulièrement. On verra.
Que tu sois jeune et pressé de progresser, parent qui cherche à comprendre, ou joueur qui sent que sa marge n’est pas épuisée, tu trouveras ici de quoi y voir plus clair. Pas de théorie sortie d’un livre : ce que je note, je le teste chaque semaine sur un terrain.
Pour aller plus loin
→ Le site et ce qu’il peut changer pour toi
→ Les outils gratuits, à essayer sans compte
→ Suivre ton corps semaine après semaine (charge, récup, gênes)

25 ans de volley, pré-nationale en banlieue toulousaine. Un joueur amateur qui écrit pour d’autres joueurs amateurs.

