Je suis amateur. Mon emploi du temps, lui, ne l’est pas.
J’ai construit mon outil de suivi pour une raison simple : m’organiser, et tenir dans la durée. Pas pour collectionner des courbes, pas pour me donner bonne conscience. Juste pour ne plus avoir à tout garder dans ma tête, et pour m’obliger à la régularité les jours où l’envie ou le temps manquent.
Au bout de trois mois à l’utiliser pour de vrai, j’ai pris le temps de relire. Et la première chose qui saute aux yeux, c’est la place que le sport prend dans ma semaine.
Un volume que je n’avais pas mesuré
Rien que sur le dernier mois : dix-sept séances structurées en vingt-neuf jours. Cinq de foncier, trois de renforcement, huit de technique collective, un match. À peine cinq jours de vrai repos. Et par-dessus, mon réveil musculaire, vingt minutes presque tous les matins.
Je suis amateur. Personne ne me paie pour ça, j’ai un travail et une vie à côté. Mais quand je pose les chiffres à plat, le volume ressemble à celui d’un semi-pro. Ce n’est pas un coup de chance ni une bonne période isolée : c’est ce que ça demande quand on veut continuer à progresser.
Et ça ne tient que pour une raison : je ne fais pas de concession sur les créneaux. Une séance planifiée, c’est un rendez-vous, pas une option qui saute au premier imprévu. L’outil ne fait pas le travail à ma place, mais il sort l’engagement de ma tête et le pose noir sur blanc. C’est beaucoup plus dur de zapper quelque chose qui est écrit que quelque chose qu’on s’était juste promis.



Là où le suivi a vraiment servi
Tout ça, ça reste de l’organisation. Le moment où le suivi est passé d’un simple agenda à un vrai outil, c’est quand j’ai eu mal au mollet.
Au début, j’ai cru à une petite entorse. Une hyperextension sur une frappe au foot, à froid, le genre de truc bête. Sauf que la douleur revenait, et jamais au même endroit d’un jour à l’autre. Une entorse, ça ne se balade pas comme ça. En recoupant mes notes, j’ai fini par comprendre que ce n’était pas articulaire mais musculaire.
Et c’est en regardant l’ensemble, pas la douleur toute seule, que j’ai vu le vrai coupable : je dormais peu, et depuis un moment. Sur une seule journée, je n’aurais jamais fait le lien. Sur plusieurs semaines de données posées côte à côte, il sautait aux yeux : nuits courtes, muscles qui ne relâchent pas, gêne qui s’installe et se déplace.
J’ai arrêté de chercher du côté de l’articulation. Je me suis concentré sur deux choses : récupérer du sommeil, et étirer pour relâcher la chaîne musculaire. Les gênes ont diminué, jour après jour. Le suivi ne m’a pas soigné, je tiens à le préciser (je ne suis pas médecin, c’est juste mon expérience). Mais il m’a évité de m’acharner sur le mauvais diagnostic pendant des semaines.
Ce que ça dit, au fond
C’est là que les deux morceaux se rejoignent. Si je n’avais pas été assez organisé pour tout noter au même endroit (les séances, le sommeil, les gênes), je n’aurais jamais vu le lien. Le « pas de concession » ne sert pas qu’à entasser des séances : il garde le suivi assez complet pour qu’il devienne lisible. Un suivi à trous ne raconte rien.
Être amateur, ça ne veut pas dire faire les choses à moitié. Ça veut juste dire qu’on n’est pas payé pour. Le sérieux, l’organisation, l’attention qu’on porte à son corps, ça n’a rien à voir avec le statut.
Et toi ?
Moi, ce qui m’a le plus servi, c’est de pouvoir mettre côte à côte le sommeil, les séances et les gênes. Mais chacun a ses angles morts.
Si tu devais suivre une seule chose sur ta pratique, en plus de tes séances, ce serait quoi ? Tes douleurs ? Ton sommeil ? Ton mental d’avant-match ? Dis-le moi, ça m’aide à faire évoluer l’outil dans le bon sens.
Pour t’y mettre : mon suivi physique et mon planning.


