Two men lifting barbells showing strength and effort in a gym setting.

Le renfo et moi : longtemps réfractaire, aujourd’hui convaincu

Je vais être honnête : je n’ai jamais aimé la muscu. Faire des exercices répétitifs, pas ludiques, sans ballon, sans adversaire, rien à part l’effort… une séance ça passe, mais au bout d’un moment je m’ennuie ferme.

Ça remonte à loin. Ado, j’ai fait un peu d’aviron. Un sport très physique, exigeant, mais sans sensation de jeu, basé uniquement sur l’effort. J’ai vite été dégoûté. Dans ma tête, ça a planté une idée tenace : le travail physique pour le physique, ce n’est pas pour moi.

L’erreur que j’ai mis des années à voir

Du coup, au volley, j’ai longtemps eu une conviction confortable : à mon niveau, développer le physique pendant les entraînements avec le ballon, c’était suffisant. Pas besoin d’aller soulever de la fonte à côté. C’est peut-être exactement pour ça que j’ai plafonné assez vite.

Même topo à l’intersaison. Pour me maintenir, je partais en footing. Et là encore, au bout de 45 minutes, une heure, je m’ennuyais. Quand j’ai entendu que le footing travaillait à l’opposé des qualités du volley, il ne m’en a pas fallu plus pour ranger les baskets. Pratique, comme excuse.

Le déclic

On me l’avait dit depuis un moment : il faut faire du renforcement musculaire. Pour limiter les blessures, et pour ne pas perdre trop de capacités en vieillissant. Mais je n’avais pas retenu l’info. Comme si je ne voulais pas l’entendre.

Le déclic est venu plus tard, avec une meilleure connaissance de mon corps. Quand j’ai enfin réussi à tenir des séances de renfo régulières, j’ai vu la différence assez vite. Pas forcément sur la détente pure, je n’ai pas gagné des dizaines de centimètres. Mais sur l’explosivité, sur ma capacité à enchaîner les sauts et les actions sans m’effondrer en fin de match, là oui. Ce que j’ai gagné, surtout, c’est de la régularité physique. Et la régularité, dans un sport co, ça vaut de l’or.

Ce qui m’a permis de m’y mettre

Ce qui m’a aidé à franchir le pas, c’est de tomber sur un volleyeur qui avait monté une formation de prépa physique dédiée à la détente verticale, à un prix abordable. (Abordable surtout quand on bosse. Pour un jeune, c’est typiquement le genre de chose à mettre sur sa wishlist : ça fait une bonne idée de cadeau à demander à mamie au prochain Noël.)

Cette prépa calibrée m’a donné ce qui me manquait : un cadre. Un début, une fin, une structure claire, sans charger la mule. À partir de cette base, j’ai étoffé avec divers exercices vus sur les réseaux. Ensuite, c’est à chacun de compléter ses séances avec ses propres expériences. Et si un jour tu atteins un bon niveau, le staff de ton club prendra le relais pour t’aider à te développer plus finement.

Sur la méthode, j’ai une conviction simple : mieux vaut être régulier sans charge qu’irrégulier avec de la fonte. Personnellement, je reste convaincu qu’avec des exercices au poids de corps, on a déjà largement de quoi faire. Pour aller plus loin avec des charges, je pense qu’il faut un vrai suivi pro, sinon on prend de la masse pour rien et on perd en explosivité. Or l’objectif, dans un sport co, ce n’est pas de devenir massif. C’est de garder un corps efficace : capable de se déplacer, d’être habile, rapide et explosif.

L’exemple qui m’a marqué, c’est Karim Benzema. Il a décroché le Ballon d’Or à 34 ans, et cette longévité doit beaucoup à sa prépa physique. Son travail en salle ne vise pas la prise de volume, qui l’alourdirait dans ses courses. L’idée, c’est d’entretenir un muscle tonique et sec, pour tenir le niveau en vieillissant et limiter les blessures. La preuve qu’on peut bosser dur sans empiler la masse, à condition de viser juste.

La motivation, parlons-en

Soyons clairs, je n’ai toujours pas plus d’entrain à enchaîner les séances de renfo qu’à jouer. Le jeu gagnera toujours. Mais voir mes capacités sur le terrain progresser, avoir moins de douleurs et moins de blessures, ça suffit largement à me motiver pour passer à l’action. C’est le résultat qui tire, pas le plaisir de l’exercice.

Mon seul regret

Aujourd’hui, mon unique vrai regret, c’est de ne pas m’y être mis plus tôt. À l’époque, la salle de sport et la prépa physique n’étaient pas autant dans l’air du temps qu’aujourd’hui, ça m’aurait sûrement aidé à franchir le pas. Mais je ne vais pas refaire le match.

Si tu te reconnais dans le gars qui repousse le renfo parce qu’il préfère cent fois le jeu, je ne vais pas te promettre que tu vas adorer ça du jour au lendemain. Juste que le cadre, la régularité et les premiers résultats sur le terrain valent largement les quelques séances un peu rébarbatives. Et qu’il n’est jamais trop tard pour commencer.

Le renfo n’est qu’un pilier sur quatre. Les autres, et surtout la façon de les articuler, je les ai réunis dans comment progresser au volley.

Passe à l’action

Commence petit, mais commence vraiment

Le renfo ne paie que dans la régularité. Fixe-toi un objectif simple, deux séances par semaine, et coche-le. C’est en voyant ta série de semaines tenir que tu n’as plus envie de la casser.

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