Cohésion d’équipe en sport amateur : la construire sans soirée en plus

Dans mon équipe de volley, la cohésion, on a connu mieux. Et je suis le premier à ne pas sortir. Les entraînements et les matchs prennent déjà beaucoup de place. Si j’annonce à ma femme que je sors en plus, c’est le divorce assuré.

Je ne dois pas être le seul. Les listes de jeux de cohésion et les idées de team building partent toutes du même principe : on ajoute un moment. Une soirée, un week-end, une sortie. Pour une équipe amateur où chacun a un boulot, des enfants ou des partiels, c’est souvent le moment de trop, et ce sont toujours les mêmes qui viennent.

Alors je pars de l’autre côté : où se construit la cohésion dans le temps qu’on passe déjà ensemble ?

Pourquoi la soirée en plus ne règle pas le problème

Une soirée d’équipe, c’est sympa. Mais elle a trois limites en sport amateur.

Elle rassemble ceux qui sont déjà soudés. Les célibataires, les étudiants, ceux qui habitent à côté. Ceux qui ont le plus besoin d’être intégrés sont souvent ceux qui ne peuvent pas venir.

Elle crée un fossé. Ceux qui y étaient ont des souvenirs, des blagues, des surnoms. Les autres les découvrent le mardi suivant, et se sentent un peu plus à côté.

Elle ne dure pas. Une bonne soirée en septembre ne tient pas une équipe jusqu’en mars. La cohésion, c’est ce qui se passe chaque semaine. Elle va de pair avec l’esprit d’équipe, ce que chacun fait pour le groupe : j’en ai fait un article, l’esprit d’équipe en sport.

Avant l’entraînement : monter le terrain ensemble

Chez nous, être à l’heure, c’est être en tenue sur le terrain à l’heure pile, pour monter le terrain ensemble et démarrer vite. Ça paraît être une règle d’organisation. C’est aussi le premier moment collectif de la soirée : poteaux, filet, ballons, chacun a sa part, et on se parle avant de jouer.

Celui qui arrive après le montage rate ce moment-là. Il arrive dans une équipe déjà en route.

Pendant le jeu : relever la tête tous en même temps

C’est là que se voit vraiment la cohésion d’une équipe. Dans les mauvaises phases, chez nous, tout le monde baisse la tête, et l’équipe peine à repartir. On a mis du temps à le voir, et on commence à comprendre qu’il faut relever la tête tous en même temps.

Personne ne peut le faire seul. Un joueur qui encourage pendant que les cinq autres regardent leurs chaussures, ça ne suffit pas. Il faut que ce soit un réflexe d’équipe : un mot, un regard, une main tapée après le point perdu, par tout le monde. C’est aussi le rôle du capitaine, que je détaille dans le capitanat, et le sujet de rendre ses coéquipiers meilleurs.

La même chose arrive à l’entraînement. Un soir, sur un exercice technique où on était très faibles, on a lâché au lieu de s’accrocher pour finir sur quelques séquences réussies. Une équipe soudée se dit « allez, on en réussit trois et on passe à autre chose ». Une équipe qui ne l’est pas attend que ça s’arrête. J’ai raconté la suite dans le retour après l’entraînement.

Sur la route : le covoiturage

Pour les matchs à l’extérieur, on part à trois ou quatre voitures. Quand j’étais étudiant, j’étais bien content que les darons m’emmènent, et ils faisaient le détour jusque chez moi. Aujourd’hui je prends ma voiture pour les étudiants de l’équipe. C’est normal, les rôles se sont inversés.

Une heure de route à quatre, c’est une heure de discussion qu’aucune soirée ne remplace. Mélanger les voitures d’un match à l’autre, plutôt que de partir toujours avec les mêmes, fait plus pour la cohésion qu’un bowling.

Après le match : le pot

Chez nous, le pot est toujours très simple, et il suffit. Quelques boissons, de quoi grignoter, et une demi-heure ensemble avant de rentrer. C’est souvent là que le match se digère et que les nouveaux deviennent des coéquipiers. J’en parle en détail dans la 3e mi-temps.

Entre deux séances : le groupe de discussion

J’aime bien glisser une connerie dans à peu près chaque échange du groupe. C’est ma façon de faire vivre l’équipe entre deux séances. À l’inverse, ceux qui ne répondent jamais, qui ne participent pas, se mettent un peu à côté. Je pense que l’ambiance commence là, avant même le terrain.

Un groupe vivant, c’est de la cohésion à zéro minute de plus dans la semaine. À condition que les infos pratiques ne s’y noient pas : c’est tout l’objet du guide pour organiser une équipe amateur.

Des rituels qui tiennent dans un créneau

Pas de jeux à organiser, pas de date à caler. Des petites habitudes qui se glissent dans ce qui existe déjà.

  • Le taulier et la boulette du match. Après chaque match, l’équipe vote pour le joueur qui a tenu la baraque, et pour l’action ridicule de la soirée. On en reparle toute la semaine.
  • Le gage. Celui qui gagne la boulette porte un maillot improbable à l’échauffement suivant, ou amène le gâteau.
  • Les pronostics avant le match. Le score, le meilleur marqueur, le nombre de temps morts. Ça fait parler avant même d’arriver au gymnase.
  • Les binômes qui tournent. À l’échauffement, changer de partenaire chaque semaine. Les clans se forment quand ce sont toujours les mêmes qui se passent la balle.
  • Le cri d’équipe. Ça fait sourire, et ça marche quand même. Si vous n’avez pas encore de nom à crier, j’ai rassemblé 150 idées de noms d’équipe.
  • Le chambrage. Entre coéquipiers, c’est un ciment, tant qu’on reste du bon côté de la ligne. J’en parle dans le chambrage en sport collectif.

Dans l’app

Plusieurs de ces rituels sont dans le vestiaire de Joueur de Collectif. Les votes du taulier et de la boulette, le gage, les pronostics, le pot et le covoit, la discussion d’équipe. Ils tournent tout seuls chaque semaine, sans que quelqu’un ait à les relancer. La cohésion, c’est l’équipe qui la fait. L’app lui laisse juste plus de place.

Et si un jour l’équipe a envie d’une vraie soirée, tant mieux. Elle viendra d’autant plus facilement que le reste de la semaine tient déjà.

Chaque semaine

Le taulier, la boulette, le gage : sans soirée en plus.

Votes après le match, pronostics, pot et covoit : le vestiaire de l’équipe fait tourner les rituels tout seul.

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